Bonjour à tous,
je lance ce fil de discussion suite à un incident qui m'est arrivé il y a quelques semaines.
- La panne :
le potez 4E20 ronronne toutes aiguilles dans le vert à 2500 trs au FL35 depuis plus d'une heure, lorsqu'il secoue soudain la cellule de violentes vibrations. Le seul régime supportable est tout réduit; la providence me présente une parcelle agricole de 500m aux abords dégagés. Contacts coupés, une glissade pour ajuster la pente, et le sicile se pose sans problème.
- Sous le capot :
La bougie supérieure du cylindre avant droit gît au bout de son fil HT, pas d’autre dégât apparent, je m’attendais à pire. Le trou ne comporte ni insert ni hélicoïl, la réparation devrait donc se limiter à la pose d’un hélicoïl (ouf), mais il faut tout de même se résoudre à abandonner Bravo Charlie à 300kms de son hangar douillet jusqu’au WE suivant.
- La réparation (1°)
retour au pied de l’avion avec Marc dont le scénic nous a permis d’emmener la servante d’atelier, et tout ce qui pourrait nous manquer lors de cette intervention en plein air, même si le diagnostic initial ne justifiait pas ce déménagement. C’est la première fois que je pose un filet hélicoïl, je loupe les deux premiers (restés dans l’outil, ergot tordu mais heureusement pas cassé), le troisième est le bon, ergot maintenu par une pince à bec fin et cassé d’un coup de tournevis. Repose de la bougie et essai moteur : démarrage au quart de tour, fonctionnement régulier, chauffe, puis 2300trs pendant une à deux minutes avant la survenue de vibrations maintenant bien connues.
- Sous le capot :
Heureusement, l’outillage présent permet la dépose du cylindre, mais l’avion devra subir une nouvelle semaine de camping.
- La réparation (2°)
Dépose de la culasse fendue, récupération d’une culasse saine sur un cylindre au fût malade, rodage des soupapes, pose de la culasse sur le fût intact. Après une nouvelle séance de mécanique champêtre, le sicile a regagné ses pénates par la voie des airs. Fin de cet épisode, mais la ou les causes de la panne restent mystérieuses.
- Comment ?
Pour moi le scénario de rupture le plus probable est le suivant :
La crique apparaît dans la chambre de combustion de part et d’autre du trou de bougie, libérant quelques tours de filetage, d’où l’expulsion de la bougie. Après la première réparation, elle se développe vers le siège de soupape d’admission et l’emboîtement du fût, attirée par les contraintes de sertissage, ouvrant une brèche sur toute l’épaisseur de la culasse.
-Pourquoi ?
Pas de conviction, juste des hypothèses. Détonation ? le point d’avance est calé 12° av PMH, comme l’indique la doc Potez, en dépit de l’utilisation de carburant SP98+additif depuis plusieurs années. Lors du passage au SP, on m’avait conseillé de ne pas le reculer ; L’indice d’octane du carburant auto est peut être fluctuant ? Age des bougies ABG (indice thermique) ? J’avais calé l’hélice Légère à un pas relativement grand il y a une cinquantaine d’heures, peu de tours mais beaucoup de couple générant des pressions et températures plus élevées dans les chambres de combustion ? Fatigue de l’alliage des culasses ? Carburation trop pauvre (carburateur Zénith à richesse automatique), peut-être dues à des fuites au joint d’échappement ?
Merci d’avance aux nombreux spécialistes présents sur ce forum d’éclairer ma lanterne…